A l’aube du troisième jour, seuls quelques rayons de soleil parviennent a percer le brouillard et laissent entrevoir la structure du fameux pont vert. Nous naviguons doucement sur nos petits pneumatiques, scrutant l’eau dans l’espoir d’apercevoir un petit signe nous indiquant la présence des poissons, afin de choisir un poste pour la journée. Environ un quart d’heure plus tard, lorsque le soleil a entièrement percé le brouillard, l’eau est lisse et Laurent aperçois un premier poisson monter au loin.

            Je scrute la surface du lac à la recherche de l’auréolé formé par le saut du poisson lorsque qu’un second poisson se manifeste. Ce sont les premières carpes que nous observons depuis notre arrivée.

            C’est un très bon sentiment qui nous envahit, après avoir pêché deux jours et demi dans le bras sud sur deux postes différents sans avoir observé ou enregistré la moindre activité hormis la visite d’un glane. Pourtant, depuis notre arrivée, la météo nous semblait assez propice : le ciel était couvert et l’air s’était rafraîchi après les gros orages lors de notre arrivée.  Nous continuons encore quelques instants à scruter l’eau sans rien voir de plus, avant qu’une énorme envie de tenter notre chance dans la zone ne nous envahisse. C’est plein d’espoir que nous déposons rapidement et discrètement nos montages à différentes profondeurs.

            Tout semble propice pour déclencher une touche, mais rien ne se passe et tard dans l’après-midi le doute s’installe… Nous décidons alors de prévoir la journée du lendemain, car le vent annoncé pour la nuit et la journée à venir devrait brasser l’eau d’une bordure sableuse en pente douce non loin de notre poste actuel. Je m’y rends rapidement en bateau pour pré-amorcer, j’enregistre les spots de pêche dans le GPS de l’échosondeur, afin de pouvoir être rapidement et discrètement en action de pêche le lendemain.

            De retour sur le poste après avoir bien mangé, le vent tombe, les arbres se reflètent dans l’eau avec les derniers rayons de soleil. Le soleil disparaît derrière la montagne et nos espoirs pour une touche deviennent toujours plus mince, cependant le bruit d’un détecteur de touche vient tout d’un coup briser nos doutes.  Le poisson n’oppose aucune résistance et remonte à la surface devant moi pour finir quelques secondes plus tard dans l’épuisette : une belle commune bicolore, sûrement pas loin des vingt kilos et surtout ma première carpe de Saint-Cassin. Nous sommes heureux et prenons rapidement le poisson en photo dans les dernières lumières du jour.

            Le lendemain, nous décidons de repêcher le même poste que la veille, la capture de la commune nous ayant encouragés à persister un peu avant de rejoindre le poste pré-amorcé la veille. Dans la nuit, le vent s’est levé comme prévu, l’eau a perdu son reflet bleu pour laisser place aux reflets foncés et menaçants des nuages noirs au-dessus de nos têtes. A part quelques courageux avirons, le lac semble désert, pas de touriste, ni de carpiste en vue. C’est un peu comme si nous étions seuls au monde au milieu d’un grand lac inconnu et cela nous amuse beaucoup.

            Toutes les conditions semblent réunies pour déclencher une touche, rapidement, nos impressions sont confirmées quand une violente touche nous fait bondir des Levels. C’est la même canne que la veille, cette fois-ci le poisson file tout droit le long de la bordure : au tour de Laurent de prendre contact. Nous partons combattre en bateau, le poisson est puissant et livre un combat digne de la réputation des carpes du lac. Nous sommes vraiment admiratif devant les couleurs orangés de la commune que nous venons de glisser à l’épuisette   

            Depuis longtemps, nous préférons pêcher en équipe. Nous plaçons ensemble nos trois, quatre ou même jusqu’à huit cannes, lorsque le poste le permet. Cela nous permet d’exploiter au mieux le poste sans créer de gêne pour les poissons et de concurrence entre pêcheurs.  Cette manière de faire s’est déjà avérée payante de nombreuses fois, notamment sur des petits postes sous pression en gravière ou deux cannes par pêcheur seraient de trop.  Du coup, nous alternons les départs, et les poissons pêchés, qu’ils soient combattus par l’un ou par l’autre, sont le résultat d’un travail d’équipe.

            Le reste de la matinée et le début d’après-midi s’écoulent sans aucune autre activité, nous décidons alors de plier et rejoindre le poste pré amorcé.

            Depuis les embarcations nous voyons déjà l’eau couleur de sable sur la bordure brassée par le vent. Rapidement, les cannes sont placées sur les points GPS marqués lors du pré-amorçage. Très vite, nous enregistrons plusieurs touches dans le premier mètre d’eau troublée par le vent.

            Une fois nuit tombée, nous réamorçons le poste pour le lendemain et confiants nous rejoignons la voiture pour y passer la nuit.

À suivre bientôt dans la deuxième des trois parties…